Badinter contre la peine de mort, le procès Patrick Henry réalisé par Caroline Du Saint / Nova Production - France.Tv

"Il n'existe pas de grands procès" . C'est avec ces mots que Robert Badinter commence une plaidoirie qui changera le cours d'un procès dont l'issue annoncée était la peine de mort. Cette plaidoirie est prononcée le 20 janvier 1977 à Troyes, au cours du procès de Patrick Henry. Son crime est abominable : le rapt et le meurtre d'un enfant de 7 ans. Aucune circonstance atténuante ne semble pouvoir le sauver de la guillotine. Pourtant, les jurés sont convaincus par les mots de l'avocat. Et Patrick Henry sauve sa tête.

Pour ce documentaire exceptionnel, qui sera diffusé au moment de l'entrée au Panthéon de Robert Badinter, la réalisatrice Caroline du Saint, a reconstitué le procès qui a marqué l'histoire de l'abolition de la peine de mort, le procès de Patrick Henry.

La réalisatrice Caroline du Saint, a reconstitué le procès qui a marqué l'histoire de l'abolition de la peine de mort, le procès de Patrick Henry. L'auteur et journaliste au Monde Franck Johannès s'est plongé dans les archives pour reconstituer les minutes des trois jours d'audience de janvier 1977. Des audiences qui sont interprétées, notamment, par les sociétaires de la Comédie Française.

Les comédiens du Français font revivre toute la puissance et la portée historique de ce procès. Dans le rôle de Robert Badinter, Loïc Corbery redonne tout son souffle à la plaidoirie mythique de l'avocat abolitionniste. Jérémy Lopez joue tout en subtilité un Patrick Henry qui n'arrive pas à expliquer ses actes. Eric Génovèse s'empare avec gravité du rôle du président du tribunal tandis que Stéphane Varupenne est un avocat général qui réclame la peine capitale avec une grande conviction.

D'autres comédiens jouent les autres figures du procès, comme l'avocat Robert Bocquillon ou Nicole Henry, la soeur du meurtrier.

Le documentaire s'appuie également sur les archives audiovisuelles de l'époque pour retrouver l'ambiance si particulière qui régnait à Troyes au moment du procès. Enfin, ce sont les propres mots de Robert Badinter qui accompagnent le film. Tirées de son livre L'Abolition, et lues par Loïc Corbery, ses réflexions nous permettent de vivre de l'intérieur ce qui fut le procès le plus important de sa vie.

Aux assises de Troyes, et contre toute attente, Robert Badinter sauve la tête de Patrick Henry, qui était pourtant déjà condamné par tout un pays, après l'odieux meurtre d'un enfant de 7 ans, le petit Philippe Bertrand.

Patrick Henry ne sera pas guillotiné et la peine de mort abolie quatre ans plus tard, par Robert Badinter devenu garde des Sceaux.

Un film de Franck Johannès et Caroline du Saint • Réalisation Caroline du Saint • Commentaire dit par Loïc Corberyde la Comédie-Française • Production Nova Production, Comédie-Française et Le Monde